La construction de l’autre rive

L’autre côté de la baie Sainte-Anne, à Otrobanda, qui ne s’était développé qu’au début du XVIIIème siècle, avait traditionnellement été moins sujet à la planification. La berge montrait toutefois des similitudes manifestes avec Punto. Un quai y avait été aménagé en comblant la rive naturelle. A certains endroits, les constructions avaient été élevées de dizaines de mètres par rapport à la berge.  Bien que l’aménagement des rues d’Otrobanda ait été principalement rectangulaire, le plan y était, à l’origine, plus vaste.  Les constructions y étaient bâties à plus grande échelle et sur des parcelles plus grandes.  Les immeubles comportaient dès le départ des portiques et des galeries et étaient souvent construites sur deux étages.  On remarque également dans le quartier d’Otrobanda des influences baroques. La densification constante a fait perdre au quartier une partie de son aspect ouvert, et derrières les rues principales est apparu un réseau de ruelles caractérisé notamment par des constructions simples et à petite échelle.  

La population d’Otrabanda comprenait, outre la classe moyenne urbaine, une partie importante de la population ouvrière. Au cours du XIXème siècle, l’expansion d’Otrobanda vers le Nord et les collines eut pour effet de réduire la densité des constructions et celles-ci ressemblent de plus en plus auxmaisons de plantations situées en dehors de la ville.  L’intérêt accru pour ce quartier s’exprima notamment par la construction du pont de la Reine Emma, un pont flottant datant de 1888. De nos jours, le pont piétonnier surplombant la baie Sainte-Anne relie toujours les quais et les quartiers de Punda et d’Otrobanda. La baie Sainte-Anne, Punda et Otrobanda forment le cœur du quartier classé au patrimoine mondial.