La construction de forts sur la tourbière molle qui entourait la capitale ne fut pas une entreprise facile. Dans un premier temps, il apparut nécessaire de renforcer le sol d’immenses quantités de sable, ce qui était très coûteux, et de mettre en place des fondations sur pilotis, ce qui retarda beaucoup les travaux. Les hauteurs de sable furent par ailleurs transformées en 'terrassements défensifs'. Ainsi, en cas d’urgence, une certaine défense était assurée. Entre 1880 et la première guerre mondiale, ces ouvrages furent construits par étapes. Pendant cette période, de nouvelles conceptions en matière de construction de forts furent intégrées dans la ligne de défense.
A l’époque, la ligne de défense d’Amsterdam était considérée comme le projet de construction de forts le plus moderne et le plus vaste d’Europe. En 1885, on prit en compte, dans le cadre de la construction des forts, le pouvoir destructeur des obus explosifs qui venaient d'être inventés. Un nouveau type de fort, avec des casemates en béton recouverts de terre remplaçant les forts en briques, encore en usage dans la Hollandse Waterlinie, fut conçu. Malgré des différences, notamment de dimensions, les forts étaient conçus selon un plan qui était grossièrement le même: ils étaient allongés et étroits, limitant le risque d’être touchés. Une grande partie des forts fut dotée de tourelles d’artillerie blindées. Une autre nouveauté consistait à placer les forts en moyenne à trois kilomètres les uns des autres, pour qu'ils puissent mutuellement servir d’appui-feu (grand flanquement). Le tout combiné aux inondations permit de former un front fermé autour d'Amsterdam.
